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Genève a toujours tenu à son esprit d’indépendance, et c'est l’une de
ses grandes qualités. Ici, point de « place Henri IV », qui a pourtant beaucoup aidé
les Genevois dans leur lutte contre le duc de Savoie, ni d'« avenue Napoléon », qui a
traversé Genève à plusieurs reprises au cours de ses campagnes militaires. Les Français
qui ont été choisis comme « parrains » des rues de Genève l'ont été parce
qu'ils aimaient cette ville, parce qu'ils y ont vécu, parce qu'ils l'ont fait connaître
grâce à leurs talents et à leurs activités.
On l'oublie trop souvent : les grands réformateurs ayant leur rue à Genève
— Jean Calvin, Théodore de Bèze, ou Guillaume Farel — étaient tous Français et très
attachés à leur patrie d'origine. Le personnage le plus populaire de l’histoire
genevoise, la « Mère Royaume », est née à Lyon. De grands philosophes et écrivains,
tels Voltaire, Chateaubriand ou Lamartine, y ont vécu et l’ont célébrée, sans
oublier son citoyen le plus illustre, Jean-Jacques Rousseau, qui l’a tant aimée. Des
commerçants et artisans habiles, venus de France, ont contribué à son renom, comme
l’horloger Charles Cusin, qui a réparé le carillon de Saint-Pierre, ou encore Daniel
Vasserot, ce huguenot venu de son Queyras natal, dans les Hautes-Alpes, pour ouvrir aux
Eaux-Vives la première fabrique d’ « indiennes », ces toiles peintes
qui ont fait la fortune de Genève bien avant l’horlogerie.
Et que dire de ces milliers de Françaises et de Français anonymes qui y ont
trouvé refuge au cours des siècles ? Certains d'entre eux sont à l'origine des
grandes familles de la cité et des plus belles pages de son histoire. Le nom de leur
province ou de leur profession se retrouve dans la rue du Dauphiné ou dans celle des Maraîchers,
où les réfugiés protestants, venus du midi de
I. Réformateurs et héros de l’indépendance genevoise
II. Intellectuels, hommes politiques, artistes
III. Industriels, artisans, commerçants et personnages divers
IV. Noms de lieux
V.
Remerciements et
sources consultées