Q u e l q u e s  p a s  t r i c o l o r e s  d a n s  l e s  r u e s  d e  G e n è v e . . .

par Philippe Abplanalp ,secrétaire du comité de l’Union des Sociétés françaises de Genève (U.S.F.G.)

 Il n’est jamais trop tard pour découvrir ou redécouvrir Genève et flâner dans ses rues. Le promeneur curieux pourra chercher sur les petites plaques bleues l'origine des noms qui ont été donnés aux places ou aux avenues de la ville. Il y constatera, parfois avec surprise, qu'un grand nombre d'entre elles portent le nom d’un Français ou d'un lieu rappelant la France. Il n'y a là rien que de très normal, penserez-vous, car la France est toute proche et ce n'est que justice ! Pourtant, ce ne sont ni des raisons géographiques, ni une admiration sans bornes pour les grandes figures de l'histoire de France, qui ont inspiré les autorités lorsqu'elles ont décidé de donner à une rue de leur cité un nom évoquant le pays voisin.

Genève a toujours tenu à son esprit d’indépendance, et c'est l’une de ses grandes qualités. Ici, point de « place Henri IV », qui a pourtant beaucoup aidé les Genevois dans leur lutte contre le duc de Savoie, ni d'« avenue Napoléon », qui a traversé Genève à plusieurs reprises au cours de ses campagnes militaires. Les Français qui ont été choisis comme « parrains » des rues de Genève l'ont été parce qu'ils aimaient cette ville, parce qu'ils y ont vécu, parce qu'ils l'ont fait connaître grâce à leurs talents et à leurs activités.

On l'oublie trop souvent : les grands réformateurs ayant leur rue à Genève — Jean Calvin, Théodore de Bèze, ou Guillaume Farel — étaient tous Français et très attachés à leur patrie d'origine. Le personnage le plus populaire de l’histoire genevoise, la « Mère Royaume », est née à Lyon. De grands philosophes et écrivains, tels Voltaire, Chateaubriand ou Lamartine, y ont vécu et l’ont célébrée, sans oublier son citoyen le plus illustre, Jean-Jacques Rousseau, qui l’a tant aimée. Des commerçants et artisans habiles, venus de France, ont contribué à son renom, comme l’horloger Charles Cusin, qui a réparé le carillon de Saint-Pierre, ou encore Daniel Vasserot, ce huguenot venu de son Queyras natal, dans les Hautes-Alpes, pour ouvrir aux Eaux-Vives la première fabrique d’ « indiennes », ces toiles peintes qui ont fait la fortune de Genève bien avant l’horlogerie.

Et que dire de ces milliers de Françaises et de Français anonymes qui y ont trouvé refuge au cours des siècles ? Certains d'entre eux sont à l'origine des grandes familles de la cité et des plus belles pages de son histoire. Le nom de leur province ou de leur profession se retrouve dans la rue du Dauphiné ou dans celle des Maraîchers, où les réfugiés protestants, venus du midi de la France , venaient vendre cardons et artichauts qu’ils avaient cultivés au bord de l’Arve. En donnant leur nom à l’une de ses rues ou de ses places, Genève a voulu conserver à tout jamais leur souvenir dans nos mémoires.

C’est leur histoire que nous vous invitons à découvrir, en cliquant sur les liens suivants :  

I.          Réformateurs et héros de l’indépendance genevoise

II.    Intellectuels, hommes politiques, artistes

III.   Industriels, artisans, commerçants et personnages divers

IV.  Noms de lieux

V.   Remerciements et sources consultées